R. M. De Vos’s Weblog

The Amazing Story of Me

In Varietate Concordia février 15, 2008

Classé dans : Expression — Rainmaker @ 10:12

Il y a de cela une cinquantaine d’années, il était rare que l’on marqua une quelconque opposition à la construction de l’Union européenne, plus important renouveau des terribles destructions qu’avait engendrées la Seconde guerre mondiale. Certes la création d’une Communauté Économique du Charbon et de l’Acier en partenariat avec des nations jusqu’à récemment ennemies rencontrait de nombreux opposants dans les tenants d’un traditionalisme politique et parmi ceux dont les pouvoirs tenaient à une organisation régulière de l’État. En dépit des premiers obstacles et des premières incohérences dues à l’édification de cette structure sui generis, l’Europe à bout de souffle, cherche à consolider la paix.

Depuis le lendemain de la Seconde guerre mondiale, bien des opinions s’opposent. De plus en plus fréquemment, depuis la fin des années 1950, s’expriment des objections et des résistances face à certaines conséquences malheureuses de l’Union. Certains même vont jusqu’à mettre en doute l’Union européenne comme facteur de progrès et de modernité. Les récentes implications et dissensions concernant la constitution européenne ont apporté de grandes confusions à l’égard de la construction et de l’organisation européenne. En dépit des aperçus que la politique et les récents événements nous donnent des problèmes engendrés par l’Union européenne, je suis de ceux qui croient en une unité dans la diversité, que l’Union européenne peut nous permettre d’entrevoir par degré jamais égalé de libertés et d’échanges au sein d’un vaste territoire exempt de guerres et de conflits.

Pour me résumer, je dirai que l’Union européenne stricto sensu nous apporte la paix, un continent unifié, la sécurité pour ses citoyens et le rayonnement de valeurs telles que les droits de l’Homme. L’Union européenne est en outre, et c’est l’un de ses plus hauts titres, une clé pour le développement économique et social ainsi que pour la compréhension de la mondialisation. Il n’est pas, selon moi, d’autres destin plus enviable que la perspective des « États-Unis d’Europe » pour reprendre la formule de Victor Hugo, lui qui en visionnaire songeait à cet idéal humaniste et pacifique. Et on pourrait se demander si l’Union, voulant promouvoir une vision idéaliste et progressiste de l’homme – placé au cœur d’une révolution de la planète, qu’il lui appartient de maîtriser et non de subir – ne pourrait-elle pas se voir en porteuse d’un modèle, harmonieuse synthèse de tradition et d’amélioration ?

Si l’importance de l’Union dans la fortification de la paix entre les États membres est reconnue, c’est sur d’autres domaines que s’accentuent les remarques et critiques, et l’Europe est considérée comme utile ou inutile suivant que l’emploi qu’on en a, profite au plus grand nombre ou non.

En réalité, il serait plus logique de faire porter ce jugement non sur l’Union européenne mais sur les politiques qui la mettent en place et l’utilisent. Il s’agit certes peu souvent de jeunes femmes et hommes qui seraient en phase avec leur époque. Trop fréquemment encore parviennent aux postes d’influence des hommes répondant à des problèmes nouveaux par le déploiement de mécaniques politiques surannées.

Dans de nombreux domaines, dont l’économie, l’Union a montré une capacité à mieux gérer au niveau communautaire plutôt que national : une telle possibilité, nouvelle au demeurant, de penser la société au-delà de la seule gouvernance étatique, tant ancrée dans les mœurs, s’avère dérangeante pour beaucoup.

D’aucuns diraient que l’Europe prive les États de leur souveraineté, de leur pouvoir de décision. Cependant, l’émergence des nations ne s’est-elle pas elle-même faite au détriment des régions, royaumes, duchés, fiefs et autres gouvernorats qui ont jalonnés notre histoire ?

En fait, il est indéniable que les mauvaises interprétations concernant l’Union sont le fait de l’éloignement grandissant entre les citoyens et les politiciens qui, tels des sages qui dominent l’horizon, dispensent décrets et chartes du haut de leurs tours d’ivoire. Les quelques lois mal ajustées, les quelques mesures prises en dehors des réalités quotidiennes doivent elle suffire à mettre fin à cette construction européenne ?

Suffirait-il donc, comme il a été suggéré, de stopper l’élargissement, de revenir à une stricte souveraineté nationale, et de tourner le dos à la plus grande liberté de circulation de biens, de personnes par un retour aux contrôles douaniers, à une monnaie nationale ?

Bien vite, le contexte géopolitique se chargerait de nous montrer notre erreur. Il est certain que nous serions irrémédiablement dépassés tant une nation seule ne peut faire face à la mondialisation grandissante et toujours mieux maîtrisée.

Mais, considérant notre futur, nous savons par exemple, que la Chine et L’Inde occuperont une place prépondérante au cours du XXIe siècle. Il est important de le prendre en considération et d’établir des échanges communs et une politique unie à la hauteur de ces deux nations.

Le continent africain, pour des raisons historiques et de proximité géographique, doit faire l’objet d’une attention particulière de l’Union européenne concernant les politiques d’aide au développement, le soutien par la préférence commerciale, l’aide alimentaire, les diverses coopérations, et avant tout le respect des droits de l’homme.

Pour pouvoir combattre les inégalités, il nous faut parvenir à créer un modèle de liberté, de justice et de sécurité.

Non seulement il serait fou de vouloir revenir à un état antérieur, mais il nous faut, bien au contraire, poursuivre la création d’un exemple de paix, de modernité, cherchant à résoudre les problèmes des sociétés actuelles.